Saint-Sulpice-la-Forêt - Église Saint-Sulpice
- clochesdebretagne (Vincent l'amoureux des cloches)
- 31 mai
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Dernière mise à jour : il y a 5 jours
Les fondations et origines de l'église de Saint-Sulpice-la-Forêt remontent initialement à l'époque romane, entre le XIe et le XIe siècle. Dépendante de l'ancienne abbaye Notre-Dame du Nid-au-Merle située juste à côté, elle fut tout d'abord une chapelle desservant les vassaux et les moines avant d'être érigée en paroisse au XIIIe siècle par Pierre de Dinan, selon la volonté de la mère abbesse de l'époque. Après la Révolution française, la paroisse est dans un premier temps supprimée en 1803 après le concordat, fusionnant avec la paroisse voisine de Chasné-sur-Illet avant d'être enfin rétablie de façon autonome à partir de 1820.
Dédiée à Saint-Sulpice, évêque de Bourges, ses éléments les plus anciens remontent au XIIIe siècle. Le volume général de l'édifice ayant été conservé, on peut encore y découvrir les fenêtres nord de la nef. Par la suite, plusieurs remaniements ont été réalisés aux XVe, XVIe et XVIIe siècles. La façade occidentale a été reconstruite en 1675, et le chœur fut lui aussi modifié au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Ce même chœur possédait auparavant un décor peint, ainsi qu'un lambris, tous deux datés du XIXe siècle et aujourd'hui disparus. Par ailleurs, la sacristie fut construite à cette même période. Nous pouvons également noter la croix de faîtage sur le toit, au-dessus du chœur dont la réalisation semble ancienne. Enfin, le clocher situé à l'origine au milieu de la nef, fut déplacé sur la façade occidentale en 1855, à son emplacement actuel. La croix du cimetière ainsi que les fonts baptismaux faits de granit furent vraisemblablement taillés entre la fin du XVe et le début du XVIe siècle, du temps de Jeanne II. Milon, Abbaye de Notre-Dame du Nid-au-Merle. Enfin, nous pouvons découvrir d'autres éléments de l'édifice très intéressants, tels que le maître-autel du retable du XVIIe siècle, ainsi qu'une statuette de Notre-Dame du Nid-au-Merle datée du XVIe siècle.
Afin de compléter cette présentation, il convient de s'attarder en quelques lignes sur l'ancienne abbaye Notre-Dame du Nid-au-Merle, située à quelques pas de l'église, le long de la rue adjacente. Fondée au XIIe siècle par Raoul de la Futaie, moine originaire du Poitou, elle constituait autrefois un ensemble très particulier, composé d'une abbaye féminine, dont une partie est destinée aux religieux. Parmi les abbesses les plus notables, on y trouvait alors plusieurs princesses et dames issues de grandes familles de Bretagne et d'Angleterre.
À la suite d'un grave incendie survenu en 1556, l'abbaye fut partiellement reconstruite sous l'impulsion de l'abbesse Marguerite d'Angennes. De nos jours, les éléments qui subsistent des bâtiments conventuels témoignent encore de l'importance du monastère jusqu'à la Révolution française. Les ruines, particulièrement remarquables par leurs dimensions et leur architecture romane, demeurent l'un des principaux sites patrimoniaux de Saint-Sulpice-la-Forêt.
Avant de vous présenter l'ensemble campanaire de l'église paroissiale, je vous présente ci-dessous les diverses photos prises au sein de l'édifice lors de notre visite.
Les cloches
L'histoire campanaire de Saint-Sulpice-la-Forêt demeure à ce jour inconnue, aussi bien à l'abbaye que pour l'église paroissiale. À l'heure actuelle, deux cloches se partage le beffroi à deux travées du clocher. La plus grande, fondue en 1855, porte le nom de "Louise-Marie-Jeanne-Prosper" et nous vient du fondeur normand Paul HAVARD de Villedieu-les-Poêles. Offerte par l'administration de la paroisse, ses fidèles, ainsi que son parrain et sa marraine, ces derniers furent Monsieur Prosper-Louis CUISNIER et son épouse Jeanne-Marie, née TOUZE-VION. Les noms du recteur ainsi que du Maire de l'époque sont mentionnés : Messieurs l'abbé Julien PLESSIX et Pierre-Marie MOUTON. Donnant la note du Sol3, elle présente un diamètre de 943mm pour un poids de 516kg.
La seconde cloche est quant à elle la plus intéressante de la sonnerie. Datée du 18 avril 1822 elle fut fondue par le saintier LECOURANT de Rennes. Présenté à travers le site "Cloches de Bretagne" à maintes reprises, plusieurs exemples de sa production furent classées à l'Inventaire des Monuments historiques ces dernières années et son activité majoritairement identifiée entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle. Royaliste, les convictions "légitimistes" de LECOURANT sont affirmées et facilement compises à travers les décors qu'il utilise, en particulier sur les airains à usage religieux, où l'on retrouve des frises de fleurs de lys et d'hermines de manière quasi systématique après la Révolution française.
Notre visite à Saint-Sulpice-la-Forêt permet en outre de découvrir une autre réalisation de cette fonderie brétillienne, qui n'était pas encore connue jusqu'à présent. Baptisée "Jeanne-Renée-Olive-Désirée", cette vénérable dame de bronze de plus de 200 ans eut pour parrain Mosieur P-O. CUISNIER et Madame Jeanne-Marie-Yvonne LE COMPTE pour marraine, veuve de Monsieur DESBOULAYS. La bénédiction s'est déroulé en présence de Monsieur l'abbé LE RAY, le Maire, Mathurin TOUFFAIT, son adjoint ainsi que le trésorier du conseil de fabrique. D'un poids de 248kg pour un diamètre de 665mm, elle chante le Do4. Enfin, nous pourrons remarquer que la résonance de la cloche s'avère quelque peu altérée : cela peut vraisemblablement s'expliquer par le fait qu'une soudure avait été faire il y a des années, ce qui a eu pour effet de dégrader sa qualité sonore.
Du point de vue musical, l'accord formé par ces deux cloches, appelé "quarte, est intéressant, car assez rarement rencontré en Ille-et-Vilaine. En outre, ces dames de bronze attestent d'un patrimoine campanaire qui méritait d'être valorisé.
Nom: Louise-Marie-Jeanne-Prosper Note: Sol3 Date: 1855 Poids: 516kg Diamètre: 943mm Fondeur: Paul Havard à Villedieu-les-Poêles
Inscriptions sur la cloche :
☛ JE DOISM ON EXISTENCE A LA GENEROSITE DE MON PARRAIN ET DEMA MARRAINE AU ZELE ET A LA BIENVEILLANCE DES AUTORITES DE LA
☛ PAROISSE MESSIRE ET DISCRET JULIEN PLESSIX RECTEUR PIERRE MARIE MOUTON MAIRE ET A LA CHARITE DES HABITANTS DE LA PAROISSE
☛ MESSIRE ET DISCRET PROSPER LOUIS CUISNIER PRETRE VICAIRE DE JANZE ET DAME JEANNE MARIE CUISNIER NEE TOUZE VION PARRAIN ET MA
☛ MARRAINE JE M APPELLE LOUISE MARIE JEANNE PROSPER DE St SULPICE
PAUL HAVARD ; A VILLEDIEU VENDUE PAR MADIOT DE RENNES
LÉGENDE DES INSCRIPTIONS
DOISM ON | Lire "DOIS MON" |
DEMA | Lire "DE MA" |
"C" de "CUISNIER" (3ème ligne d'inscriptions) | Lettre en creux, les autres lettres du nom sont en relief |
St | SAINT |
"R" de "PAR" | Lettre manquante/absente sur la cloche |
Nom: Jeanne-Renée-Olive-Désirée Note: Do4 Date: 1822 Poids: 248kg Diamètre: 665mm Fondeur: Lecourant à Rennes
Inscriptions sur la cloche :
☛ JE ME NOMME JEANNE RENEE OLIVE DESIREE PARAIn
☛ Mr RENE P O CUISNIER MARAINE DAME JEANNE M Y LE COMPTE
☛ Vve DE Mr P DESBOULAYS MESSIRE P LE RAY RECTEUR M M M
☛ TOUFFAIT MATHURIN MAIRE F MOULIN Adj J RUAUDEL G BUFFE Trs
LECOURANT MA FONDUE LE 24 AVRIL 1822 A RENNES
LÉGENDE DES INSCRIPTIONS
PARAIn | PARRAIN |
Mr | MONSIEUR |
MARAINE | Lire "MARRAINE" |
JEANNE M Y | Lire "JEANNE MARIE YVONNE" |
COMPTE | Les trois dernières lettres du nom nont intercalées entre la 2e et la 3e ligne |
Vve | VEUVE |
M M M | MONSIEUR, MONSIEUR ET MONSIEUR |
LECOURANT | Nom du fondeur partiellement déchiffrable, mais identifié |
Adj | ADJOINT |
Trs | TRÉSORIERS |
Juste avant de découvrir le reportage vidéo de la sonnerie des cloches, je vous invite à découvrir les diverses photos complémentaires, réalisées au cours de notre visite.
La vidéo
Nous tenons à adresser nos sincères remerciements à la municipalité de Saint-Sulpice-la-Forêt, en particulier Monsieur le Maire, Yann HUAUMÉ, de nous avoir donné son accord pour la visite du clocher, afin d’étudier et enregistrer les cloches de l’église. Nous remercions également le responsable du service technique de la commune, Monsieur GABILLARD, ainsi que Monsieur Daniel PICHARD, responsable de la paroisse pour leurs accueils et disponibilités respectives lors de notre venue.
PS : En raison d'un problème de caméras lors de l'enregistrement du plénum, j'ai été dans l'obligation d'utiliser un point de vue ayant servi lors d'une volée en solo de la grande cloche, afin d'avoir une vue d'ensemble du beffroi ; de ce fait, je vous prie de bien vouloir m'excuser pour cet éventuel désagrément ou "bizzarerie".
Sources des textes utilisés pour l'article :
Textes personnels

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