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Sainte-Pexine - Chapelle Saint-Brice

Dernière mise à jour : il y a 2 jours

D'après la légende locale, c'est au Xe siècle qu'un moine nommé Bry vint s'installer tout près de l'emplacement de l'édifice actuel afin de s'isoler en prière. Moine de l'ancien monastère des Moutiers-sur-le-Lay, il aurait reçu au cours de l'une de ses prières une vision de la Vierge, à la suite de laquelle il aménagea une petite cellule dotée d'un autel, sur lequel il plaça une statue aujourd'hui disparue. Un filet d'eau jaillit alors au pied de cette "grotte", au grand étonnement du moine. La fontaine de "Saint-Bris" (devenue "Saint-Brice" à l'époque contemporaine) existe encore de nos jours, son eau étant réputée bénéfique pour les maladies du corps. En outre, plusieurs guérisons rapportées comme miraculeuses contribuèrent à faire du site de Saint-Brice le lieu de pèlerinage le plus fréquenté du Bas-Poitou durant plusieurs siècles.

C'est en 1721 qu'une "nouvelle" petite grotte fut érigée devant la source, où une statue en bois polychrome de la même époque fut placée derrière une grille. Du XVIIIe au début du XIXe siècle, près de 12 000 à 15 000 personnes venues notamment d'Anjou, de Bretagne, de Touraine, du Berry et même de l'Orléanais se pressaient sur le site de Saint-Brice, pour les fêtes de l'Assomption (15 août) et de la Nativité de la Vierge (8 septembre), où les pèlerinages annuels avaient lieu.

À partir du XIXe siècle, la fréquentation des pèlerinages déclina progressivement. Ceux-ci subsistèrent néanmoins au cours du XXe siècle, comme en témoignent plusieurs articles parus dans la presse locale, relatant aussi bien le déroulement des cérémonies que la présence de fidèles venus des paroisses environnantes. Autour de la fontaine, les pèlerins pratiquaient notamment des ablutions, buvaient de son eau ou en remplissaient des récipients afin de la rapporter chez eux.

En pleine Révolution française au cours de la période de la Terreur, Sainte-Pexine a vu son église paroissiale incendiée le 28 mai 1794 par les colonnes infernales de Turreau. Faute de moyens, l'édifice ne fut jamais reconstruit, faisant de Sainte-Pexine le seul village de Vendée sans église. Par conséquent, les fidèles du lieu devaient rejoindre la paroisse des Moutiers, puis celle de Mareuil (aujourd'hui Mareuil-Sainte-Hermine).

Une première étape est franchie en 1952 avec la restauration de la grotte par des missionnaires diocésains. Le projet de construction d'un nouvel édifice finit quant à lui par se concrétiser à la fin de l'année 1954. Pourtant celui-ci ne datait pas d'hier. En effet, envisagé dès 1866 par l'abbé CHACUN, puis remis sur la table par l'abbé MARSAUD en 1943, c'est finalement sous l'impulsion de l'abbé Armand BÉTHYS que la construction de la chapelle est lancée. Ayant la réputation d'être "un grand bricoleur" selon les dires de Mgr Antoine-Marie CAZEAUX, (évêque de Luçon de 1941 à 1967), il se mit à la tâche avec l'aide de bénévoles qui comme lui, avaient à cœur de redonner vie au village de Sainte-Pexine.

Ces travaux et nouvelles réalisations permettent ainsi de maintenir les pèlerinages annuels et la tenue de différentes cérémonies régulières, comme en témoignent plusieurs archives et coupures de presse de l'époque, ainsi qu'un chant de procession composé en 1954 par le chanoine PATEAU, reprenant l'air de l'Ave Maria de Lourdes. Le 8 septembre 1963, Gilles HYBERT y fut ordonné prêtre par Mgr Antoine-Marie CAZAUX. Il deviendra plusieurs décennies plus tard l'un des premiers membres de l'association locale fondée en 2016. La cloche qui nous intéresse aujourd'hui arrive à la chapelle en 1966 avant d'y être installée. De plus amples détails à son sujet seront apportés plus loin à travers cet article.

La statue en bois polychrome en place depuis le XVIIIe siècle fut classée au titre des monuments historiques en 1974. Plus tard, la chapelle put recevoir son enduit en 2005, grâce à un legs du père Pierre HUVELIN, décédé quatre ans plus tôt. Enfin, une plaque retraçant la construction de l'édifice actuel fut posée en 2013.

Bien qu'il n'y ait plus autant d'activités paroissiales qu'au milieu du XXe siècle, la chapelle accueille encore chaque année des célébrations à l'occasion de l'Assomption, le 15 août, et de la Nativité de la Vierge, autour du 8 septembre. À ce titre, "l’Association de la chapelle Saint Brice" fondée en 2016 par un groupe d'habitants de la commune, s'est beaucoup investie ces dernières années afin de permettre la revalorisation de l'édifice et son mobilier : la statue du XVIIIe siècle fut notamment restaurée en 2021, avant d'être installée en 2023 dans une vitrine aménagée à cet effet dans l'église des Moutiers-sur-le-Lay. En outre, la chapelle est régulièrement fleurie, aussi bien par des habitués que des personnes de passage. D'autres travaux sont mis en œuvre au cours des années suivantes : Après la mise en place d'une crèche vivante annuelle à partir de 2017, une fresque représentant Notre-Dame-de-l'Assomption est réalisée en 2018 par Annie GUINOT et Pauline GILLARD-CHEVALLIER, peintres-amateurs de l'association. Inspirée d'un tableau de l'artiste Guido RENI, son inauguration eut lieu le 15 août suivant.

À la suite de l'arrivée de l'électricité en 2019, un petit vitrail fut conçu par les bénévoles dans l'atelier de Cléa TIMPANI à Bournezeau, puis installé dans l'ouverture sous l'étage du beffroi, afin d'empêcher les oiseaux d'y pénétrer. La chapelle est également fermée par des grilles d’apparat, réalisées puis posées en 2020. Les processions reprirent dès 2021, à l'occasion des 300 ans de la grotte. Deux nouvelles bannières furent ensuite brodées en 2022, tandis qu'un brancard destiné au transport de la statue de la Vierge fut confectionné en 2023.


L'histoire de la cloche de la chapelle Saint-Brice est, à elle seule, particulièrement intéressante au vu du contexte de la restauration des lieux engagée au milieu des années 1950. L'abbé BÉTHYS ne pouvant en acquérir une neuve se rendit à Lyon afin de récupérer une cloche d'occasion en provenance d'Algérie. Issue du fondeur Burdin Aîné de Lyon en 1916, cette petite demoiselle de bronze fut à l'origine destinée à la petite paroisse de Marguerite, alors sous administration française. Suite au rapatriement de nombreuses cloches après l'indépendance de l'Algérie, elle fut offerte en 1966 par son curé. Coïncidence, ce dernier se nommait "Mr Brice". L'abbé BÉTHYS ramena ensuite la cloche avec sa voiture, permettant de l'affecter de nouveau pour "sa chapelle". Ne mentionnant aucun nom de baptême, ses inscriptions rappellent le souvenir d'un bienfaiteur catholique, Jean SUBREVILLE, membre de la communauté locale décédé en 1915. Nous pouvons y lire également les noms de BRIS (pour "Brice") et Jules RIGOMME, respectivement curé et probablement vicaire. La fonction exacte de ce dernier reste cependant à confirmer, celle-ci n'étant pas explicitement mentionnée. De taille modeste, la cloche donnant la note du Sol4 mesure ainsi 480mm de diamètre pour un poids évalué à 66kg. Dernier détail à ne pas manquer, il s'agit d'une des rares cloches issues d'un fondeur lyonnais répertoriées dans le Grand Ouest et le seul exemplaire connu en Vendée.


Nom: PAS DE NOM Note: Sol4 Date: 1916 Poids: 66kg Diamètre: 480mm Fondeur: Burdin Aîné à Lyon


Inscriptions sur la cloche :


☛ EN MÉMOIRE DE MON HONNÊTE, BON ET CHRÉTIEN GÉRANT, JEAN SUBREVILLE

DÉCÉDÉ A MARGUERITTE LE 9 SEPT. 1915.

BRIS CURÉ JULES RIGOMME


Signature du fondeur :

BURDIN AINE FONDEUR A LYON


LÉGENDE DES INSCRIPTIONS


1915

Date partiellement gravée, le reste étant en relief

CURÉ

Inscription gravée ; autres inscriptions en relief

NOTE D'INVENTAIRE

Présence de lignes intermédiaires pour les apostrophes


Afin de compléter la présentation de cet édifice et de sa cloche, vous pouvez trouver ci-dessous diverses photos complémentaires, prises au cours de notre visite



La vidéo

Nous tenons à adresser nos sincères remerciements à la municipalité de Sainte-Pexine, en particulier l’ancien Maire de la commune, Monsieur J. GANDRIEAU, pour son aimable autorisation afin d’effectuer une visite du clocher de la chapelle Saint-Brice dans le but d’étudier et enregistrer la cloche de l’édifice. Enfin, je remercie Madame C. CHAUVET, alors adjointe au Maire et Vice-Présidente de l’association de la chapelle pour avoir fait suite à ma démarche. Je remercie également son époux pour son accueil et sa disponibilité à lors de ma venue.


Sources des textes utilisés pour l'article :

Textes personnels

 
 
 

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